Publié le 26 novembre 2024

En PACA, l’avantage fiscal du Pinel+ ne compense pas toujours son surcoût à l’achat et ses contraintes locatives. La rentabilité réelle se cache ailleurs.

  • Le rendement de votre investissement dépend moins du taux de réduction d’impôt que du manque à gagner locatif, qui peut atteindre 20% dans les zones tendues de la Côte d’Azur.
  • La « surcote du neuf » de 15% à 20% par rapport à l’ancien récent peut anéantir l’avantage fiscal à la revente.

Recommandation : Fondez votre décision sur un calcul rigoureux du rendement net-net (impôts, charges, manque à gagner, plus-value potentielle), et non sur la seule promesse de défiscalisation.

Avec la fin annoncée du dispositif Pinel fin 2024, une course contre la montre s’engage pour les investisseurs cherchant à optimiser leur fiscalité. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, marché aussi attractif que complexe, le dilemme est de taille : faut-il se contenter d’un Pinel classique au taux dégradé ou viser le Pinel Plus, plus généreux mais aussi drastiquement plus contraignant ? La plupart des analyses se contentent de comparer les taux de réduction d’impôt, un réflexe aussi courant que trompeur. On vous parle de zones, de plafonds, de défiscalisation, mais rarement de la rentabilité finale, une fois tous les paramètres intégrés.

Et si la véritable clé n’était pas de savoir combien d’impôts vous allez économiser, mais quel sera votre rendement net-net ? Cet indicateur, bien plus pertinent, prend en compte non seulement l’avantage fiscal, mais aussi les coûts cachés spécifiques au marché du neuf en PACA : la surcote à l’achat, la « friction locative » due aux plafonds de loyers déconnectés de la réalité du terrain, et la fiscalité de sortie qui peut réserver de mauvaises surprises. La performance de votre investissement ne se joue pas sur l’étiquette « Pinel+ » mais sur une analyse chirurgicale de ces trois variables.

Cet article n’est pas un simple comparatif. C’est un guide stratégique conçu pour vous, investisseur en région PACA, afin de vous armer des bons outils de calcul. Nous allons décortiquer ensemble les conditions d’éligibilité, simuler l’impact réel des plafonds, analyser le danger du surcoût à l’achat et explorer les alternatives pour que votre décision en 2025 soit la plus éclairée et, surtout, la plus rentable possible.

Pour naviguer efficacement à travers cette analyse comparative, voici les points clés que nous aborderons. Chaque section est conçue pour vous apporter des réponses chiffrées et des conseils pratiques, spécifiquement adaptés aux réalités du marché immobilier en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Surface minimale et double orientation : votre bien cible est-il vraiment éligible ?

Avant même de penser au rendement, la première étape cruciale est de valider l’éligibilité de votre projet au Pinel Plus. Contrairement au Pinel classique, qui ne pose pas de contraintes de surface minimale, le Super Pinel impose des standards de confort bien plus stricts. Ces exigences, si elles améliorent la qualité de vie du locataire, réduisent drastiquement le nombre de biens compatibles et peuvent impacter le prix d’acquisition. Sur un marché tendu comme la PACA, où le prix moyen du neuf avoisine les 4 493 €/m² selon les dernières données, chaque mètre carré compte.

Le critère le plus discriminant est sans doute l’obligation de double orientation pour les appartements de type T3 et plus. En région méditerranéenne, cet atout est synonyme de ventilation naturelle et de confort thermique, des arguments de poids pour la location. Cependant, cette contrainte architecturale est plus coûteuse à produire pour les promoteurs, ce qui se répercute sur le prix de vente. Un bien éligible Pinel Plus est donc souvent un bien intrinsèquement plus cher. Le tableau suivant synthétise les différences fondamentales à vérifier.

Cette comparaison met en évidence les critères de confort et de surface imposés par le Pinel Plus, qui, bien que qualitatifs, restreignent le choix et impactent directement le coût de l’investissement initial.

Critères d’éligibilité Pinel classique vs Pinel Plus : surfaces minimales et orientation
Critère Pinel Classique Pinel Plus
Surface minimale T1 Pas de minimum 28 m²
Surface minimale T2 Pas de minimum 45 m²
Surface minimale T3 Pas de minimum 63 m²
Espace extérieur T3 Facultatif Minimum 5 m²
Double orientation T3+ Non requis Obligatoire

L’exigence d’un espace extérieur privatif (balcon, terrasse) devient également systématique et sa surface minimale est fixée selon la typologie du logement. Pour un investisseur, cela signifie qu’un bien sans balcon, même parfaitement situé à Nice ou Aix-en-Provence, sera automatiquement exclu du Pinel Plus. Ces contraintes qualitatives doivent être vues non pas comme des obstacles, mais comme des filtres qui définissent un segment de marché premium, avec des conséquences sur le prix d’achat et la liquidité à la revente.

Vue intérieure d'un appartement traversant avec double orientation et terrasse méditerranéenne

Comme l’illustre cette vue, la double orientation et la présence d’une terrasse spacieuse ne sont plus des options mais des prérequis. Cela garantit un bien de haute qualité locative, mais il est impératif de s’assurer que le surcoût lié à ces prestations ne neutralise pas l’avantage fiscal supplémentaire promis par le dispositif. La première étape de votre analyse doit donc être une validation stricte de ces critères face à l’offre disponible dans votre zone de recherche.

Comment simuler votre réduction d’impôt Pinel Plus sans erreur de plafond ?

Une fois l’éligibilité du bien validée, l’étape suivante consiste à simuler l’avantage fiscal. C’est ici que les erreurs les plus coûteuses sont commises. La réduction d’impôt ne s’applique pas au prix d’achat total, mais à une base de calcul doublement plafonnée : 300 000 € par an et 5 500 € par mètre carré. En PACA, où les prix peuvent facilement dépasser ce second plafond, l’oublier peut fausser radicalement vos prévisions de rentabilité. De plus, le calcul du loyer maximal autorisé est lui-même complexe, dépendant d’un coefficient multiplicateur qui ajuste le barème national à la surface du logement.

Le taux de réduction d’impôt du Pinel Plus est attractif (12% pour 6 ans, 18% pour 9 ans, 21% pour 12 ans), mais il ne doit pas masquer la réalité du calcul. L’enthousiasme initial peut vite être douché par une analyse fine, comme le démontre cette étude de cas concrète sur la Côte d’Azur.

Simulation d’un T2 de 45m² en zone A (Nice) à 350 000€

Pour un appartement T2 de 45m² avec un balcon de 6m² acheté 350 000€ à Nice (zone A), le calcul s’établit ainsi : la base d’investissement retenue pour le calcul fiscal n’est pas 350 000€, mais 247 500€ (soit 45m² multipliés par le plafond de 5 500€/m²). Le loyer, avec un coefficient multiplicateur de 1,12, est plafonné à 710€ par mois, alors que le marché libre dans ce secteur permettrait d’atteindre 950€. Sur 9 ans, la réduction d’impôt Pinel Plus s’élèvera à 44 550€. Cependant, le manque à gagner sur les loyers par rapport au marché libre s’accumule à 25 920€ sur la même période. L’avantage net réel n’est donc que de 18 630€, bien loin de l’image d’Épinal de la défiscalisation massive.

Cet exemple illustre parfaitement le concept de rendement net-net. La réduction d’impôt brute est substantielle, mais elle est en partie absorbée par le manque à gagner locatif. N’oubliez pas non plus d’intégrer le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 € par an, qui peut venir écrêter votre avantage si vous bénéficiez d’autres dispositifs. Enfin, un coût souvent négligé en PACA est celui des taxes d’urbanisme (taxe d’aménagement et Participation pour le Financement de l’Assainissement Collectif – PFAC), qui peuvent représenter plusieurs milliers d’euros non inclus dans le prix promoteur et non éligibles à la réduction d’impôt.

Louer au plafond Pinel ou au prix du marché : quand le dispositif devient-il perdant ?

La question centrale pour tout investisseur en Pinel est celle de la « friction locative » : l’écart entre le loyer que vous êtes autorisé à percevoir et celui que le marché est réellement prêt à payer. En région PACA, particulièrement dans les zones les plus tendues comme la Côte d’Azur ou le pays d’Aix, cet écart est loin d’être anecdotique. Les plafonds de loyers, bien que révisés annuellement, peinent à suivre la dynamique d’un marché où la demande excède largement l’offre. Une analyse comparative révèle que ces plafonds sont systématiquement inférieurs de 10 à 20% aux loyers de marché dans les secteurs les plus prisés.

Ce manque à gagner n’est pas un détail, c’est un coût d’opportunité direct qui grignote votre rendement brut année après année. Pour un investisseur, cela signifie un effort d’épargne mensuel plus important pour couvrir les mensualités de crédit. Comme le souligne LocaCheck dans son guide sur l’investissement locatif :

Les plafonds de loyers Pinel, révisés annuellement, restent inférieurs de 10 à 20% aux loyers de marché dans les zones tendues

– LocaCheck, Guide investissement locatif Pinel 2025

Cette affirmation est confirmée par une analyse concrète des loyers dans les principales villes de la région. Le tableau ci-dessous met en lumière le manque à gagner mensuel pour un appartement T2 standard, une typologie très recherchée par les investisseurs.

Cette simulation démontre clairement le coût mensuel de l’adhésion au dispositif Pinel dans des villes à forte tension locative. Le manque à gagner peut atteindre jusqu’à 240€ par mois à Nice, soit près de 2 900€ par an.

Comparaison loyers Pinel vs marché libre pour un T2 de 45m² en PACA
Localisation Plafond Pinel 2025 Loyer marché Manque à gagner mensuel
Nice Centre 710€ 950€ 240€
Marseille 8ème 631€ 780€ 149€
Aix-en-Provence 631€ 850€ 219€
Antibes 710€ 920€ 210€

Le dispositif devient mathématiquement perdant lorsque ce manque à gagner cumulé sur la durée de détention (6, 9 ou 12 ans) dépasse la réduction d’impôt nette obtenue. C’est pourquoi une analyse préalable du marché locatif local est non négociable. Avant de signer, vous devez connaître précisément le loyer de marché pour un bien équivalent et calculer ce « coût d’opportunité ». Si l’écart est trop important, l’avantage fiscal ne sera qu’un miroir aux alouettes, masquant une rentabilité locative médiocre.

Le danger d’acheter un bien 20% trop cher juste pour la réduction d’impôt

Le deuxième grand péril de l’investissement Pinel, après la friction locative, est la surcote du neuf. Les programmes immobiliers neufs éligibles à la défiscalisation sont souvent commercialisés à un prix supérieur à celui de l’immobilier ancien équivalent dans le même quartier. Cette différence, qui peut atteindre 15% à 20%, s’explique par les coûts de construction, les normes environnementales (RE2020 pour le Pinel+) et, il faut le dire, une marge « fiscale » que certains promoteurs intègrent. Le danger est de penser que la réduction d’impôt compensera automatiquement ce surcoût. C’est un calcul à courte vue qui ignore la réalité de la revente.

À la fin de votre période d’engagement, votre bien ne sera plus « neuf » et il entrera en concurrence directe avec le marché de l’ancien. Si vous l’avez payé 20% plus cher, il y a un risque majeur de réaliser une moins-value ou, au mieux, une plus-value très faible, anéantissant une partie de l’avantage fiscal accumulé. L’étude de cas suivante, basée sur un programme à Sophia Antipolis, est édifiante.

Analyse du surcoût Pinel dans les programmes neufs de Sophia Antipolis

Un T2 de 50m² est proposé à 350 000€ en VEFA éligible Pinel+. Une analyse du marché local montre que des T2 équivalents dans des résidences récentes (moins de 10 ans) se vendent autour de 305 000€. La surcote du neuf est donc de 45 000€, soit près de 15%. En optant pour un engagement de 12 ans, l’investisseur obtiendra une réduction d’impôt maximale de 63 000€ (21% de 300 000€ plafonnés). En théorie, l’avantage net semble être de 18 000€. Cependant, ce calcul simpliste omet le manque à gagner locatif sur 12 ans et l’incertitude sur la plus-value. L’avantage fiscal sert en réalité principalement à « gommer » le surcoût initial, rendant l’opération beaucoup moins attractive qu’il n’y paraît.

Pour éviter ce piège, une méthodologie rigoureuse d’évaluation du juste prix est indispensable. Ne vous fiez pas uniquement au prix affiché par le promoteur. Devenez un expert de votre micro-marché en suivant ces étapes :

  • Consultez la base DVF : Le service « Demandes de Valeurs Foncières » vous donne accès aux prix de toutes les transactions immobilières des 5 dernières années. Analysez les ventes réelles dans le quartier cible.
  • Comparez avec l’ancien récent : Cherchez des biens comparables (surface, étage, prestations) dans des immeubles de moins de 10 ans. Une décote de 15-20% pour le neuf est un signal d’alerte.
  • Analysez la concurrence : Regardez les prix des programmes neufs non-Pinel dans la même zone. Sont-ils moins chers ?
  • Calculez le ratio prix/loyer : Divisez le prix d’achat par le loyer annuel de *marché* (pas le loyer Pinel). Si ce ratio dépasse 25, la rentabilité locative est faible.
  • Intégrez les frais annexes PACA : N’oubliez pas d’ajouter le coût quasi-obligatoire d’un parking ou garage (15 000 à 25 000 €) et l’installation d’une climatisation réversible, souvent indispensable mais pas toujours incluse.

Revendre ou garder après 6, 9 ou 12 ans : quelle stratégie de sortie adopter ?

L’investissement Pinel ne s’arrête pas à la fin de la période d’engagement fiscal. C’est au contraire à ce moment-là que les décisions les plus stratégiques doivent être prises. La question est simple : faut-il revendre pour encaisser une éventuelle plus-value ou conserver le bien pour continuer à percevoir des revenus locatifs ? La réponse dépend de la qualité de votre investissement initial et des conditions du marché à l’instant T. En PACA, la performance énergétique de votre bien jouera un rôle croissant. En effet, les biens classés DPE A ou B, comme ceux issus du Pinel+, conservent une valorisation supérieure de 5 à 10%, un avantage non négligeable à la revente.

Si vous choisissez de conserver le bien, plusieurs options s’offrent à vous. La plus simple est de continuer la location nue, mais en appliquant cette fois un loyer de marché, ce qui augmentera mécaniquement votre rendement. Une autre stratégie, particulièrement pertinente sur le littoral de la Côte d’Azur, est de basculer vers la location meublée, voire saisonnière.

Vue aérienne d'un ensemble résidentiel moderne en bord de mer méditerranéen illustrant les options de sortie d'investissement

Cette transition d’un modèle de défiscalisation pure à une stratégie de rendement locatif optimisé est le véritable objectif d’un investissement patrimonial réussi. Le passage au statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est souvent la voie royale : il permet non seulement de percevoir des loyers plus élevés, mais aussi de bénéficier d’un régime fiscal très avantageux grâce à l’amortissement du bien et du mobilier, neutralisant l’impôt sur les revenus locatifs pendant de nombreuses années.

Stratégie de bascule vers la location saisonnière sur la Côte d’Azur

Prenons l’exemple d’un T2 à Cannes, loué 850€/mois en Pinel (loyer de marché après 9 ans). En basculant vers la location meublée touristique, et en visant un taux d’occupation réaliste de 70% sur l’année, les revenus peuvent grimper à une moyenne de 1 800€/mois. Le statut LMNP permet alors d’amortir le bien et le mobilier, rendant ces revenus quasi nets d’impôt. Attention cependant aux réglementations locales de plus en plus strictes : des villes comme Cannes limitent désormais la location touristique des résidences secondaires, une contrainte à vérifier impérativement avant de se lancer.

Votre stratégie de sortie doit donc être anticipée dès l’achat. Un bien acheté au juste prix, dans un emplacement premium avec un DPE performant, vous offrira une flexibilité maximale. Vous pourrez arbitrer sereinement entre une revente rapide avec plus-value ou une conservation rentable à long terme sous un statut fiscal optimisé comme le LMNP.

Comment le dispositif Denormandie booste-t-il votre rentabilité après impôt dans l’ancien ?

Face aux contraintes du Pinel Plus et à la surcote du neuf, il est judicieux d’explorer les alternatives. Le dispositif Denormandie, souvent perçu comme le « Pinel de l’ancien », représente une option stratégique dans certaines villes de la région PACA. Il s’applique aux logements anciens nécessitant d’importants travaux de rénovation (au moins 25% du coût total de l’opération) dans des quartiers définis. L’avantage est double : vous bénéficiez des mêmes taux de réduction d’impôt que le Pinel, mais sur une base d’achat (logement + travaux) souvent inférieure à celle du neuf. De plus, les loyers ne sont pas plafonnés de la même manière, offrant plus de souplesse.

Le véritable atout du Denormandie réside dans le potentiel de plus-value. En achetant un bien décoté dans un quartier en devenir (comme certaines zones d’Euroméditerranée à Marseille ou le centre ancien de Toulon) et en y réalisant des travaux de qualité, vous créez de la valeur. À la revente, le potentiel d’appréciation est souvent bien supérieur à celui d’un bien neuf acheté au prix fort dans une zone déjà saturée de programmes Pinel. Le duel chiffré suivant entre un Pinel+ à Euroméditerranée et un Denormandie dans le Vieux-Port de Marseille illustre cet arbitrage.

Ce comparatif démontre que, pour un avantage fiscal identique sur 12 ans, le Denormandie peut offrir un rendement brut supérieur et surtout un potentiel de plus-value bien plus élevé, grâce à un prix d’achat initial plus faible et à la revalorisation d’un quartier historique.

Pinel+ Marseille Euroméditerranée vs Denormandie Vieux-Port : duel chiffré
Critère Pinel+ Euroméditerranée Denormandie Vieux-Port
Prix total (achat + travaux) 300 000€ 200 000€ + 100 000€ travaux
Surface 60m² neuf 65m² après rénovation
Loyer mensuel 780€ (plafonné) 950€ (libre après travaux)
Réduction d’impôt sur 12 ans 63 000€ 63 000€
Rendement brut 3,12% 3,80%
Plus-value potentielle Limitée (marché neuf saturé) Élevée (quartier historique)

Le Denormandie n’est pas une solution miracle. Il demande un investissement personnel plus important pour le suivi des travaux et une bonne connaissance des quartiers éligibles. Cependant, pour un investisseur averti cherchant à combiner défiscalisation et création de valeur patrimoniale, il constitue une alternative redoutable au modèle Pinel. C’est une stratégie de « rendement net-net » par excellence, où l’optimisation fiscale s’accompagne d’une véritable plus-value à long terme.

2,5% vs 7,5% : faites la simulation précise de vos frais d’acte sur 300 000 €

L’un des arguments les plus mis en avant pour l’achat dans le neuf est celui des « frais de notaire réduits ». S’ils s’élèvent à environ 7,5% du prix de vente dans l’ancien, ils ne sont que de 2,5% dans le neuf. Sur un investissement de 300 000 €, cela représente une économie brute de 15 000 € (22 500 € vs 7 500 €), une somme loin d’être négligeable. Cependant, il est essentiel de décomposer ces frais pour comprendre où se situe réellement l’économie et prendre en compte les taxes spécifiques au neuf, particulièrement en PACA.

L’économie provient presque exclusivement des droits de mutation (ou taxe de publicité foncière), qui sont très faibles dans le neuf. Les émoluments du notaire, c’est-à-dire sa rémunération, sont quant à eux calculés sur le même barème. Mais attention, le neuf s’accompagne de taxes que l’on ne trouve pas dans l’ancien, comme la taxe d’aménagement (TA) et la PFAC, qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros et viennent réduire l’économie nette. Le tableau ci-dessous détaille le calcul pour un bien à 300 000 € en PACA.

Cette analyse chiffrée montre que l’économie réelle, bien que substantielle, est plus proche de 11 500 € que des 15 000 € annoncés, une fois les taxes annexes spécifiques au neuf intégrées.

Comparaison des frais de notaire neuf vs ancien sur 300 000€ en PACA
Poste de frais Neuf (2,5%) Ancien (7,5%) Économie
Droits de mutation 700€ 17 400€ 16 700€
Émoluments notaire 3 900€ 3 900€ 0€
Frais divers 2 900€ 1 200€ -1 700€
Total frais de notaire 7 500€ 22 500€ 15 000€
Taxes annexes PACA (TA + PFAC) 3 500€ (moyenne) 0€ -3 500€
Économie nette réelle 11 500€

Cette somme économisée ne doit pas être vue comme un simple bonus, mais comme un levier stratégique. Plutôt que de la diluer, il est judicieux de l’allouer à des postes qui sécuriseront ou valoriseront votre investissement à long terme.

Votre plan d’action : que faire des 11 500€ économisés ?

  1. Sécuriser le financement : Constituez un matelas de sécurité équivalent à 6 mois de mensualités de crédit. Pour un prêt de 280 000€, cela représente environ 10 000€. C’est un gage de sérénité face à un éventuel impayé ou une période de vacance locative.
  2. Préparer la sortie : Anticipez la fin du dispositif Pinel en finançant le futur pack ameublement. Pour une bascule en LMNP, un budget de 5 000€ est un minimum pour équiper un T2 et le rendre attractif.
  3. Optimiser le plan de financement : Utilisez cette somme en apport pour réduire le montant de l’emprunt. Cela peut vous aider à rester sous le seuil des 35% d’endettement, un critère de plus en plus strict pour les banques, surtout en PACA.
  4. Valoriser le bien : Investissez dans des équipements qui feront la différence à la location et à la revente. Une climatisation réversible performante (environ 3 000€) est un must-have en région méditerranéenne.
  5. Auditer les postes de coût : Confrontez le montant de l’économie aux surcoûts potentiels (parking, taxes, finitions) pour valider que le bilan reste positif.

À retenir

  • Le Pinel Plus impose des contraintes de confort (surface, double orientation, DPE A) qui renchérissent le prix d’achat et limitent le choix en PACA.
  • Le manque à gagner locatif, dû à des plafonds de loyers inférieurs de 10 à 20% au marché local, est un coût d’opportunité majeur qui doit être intégré dans votre calcul de rendement.
  • L’avantage fiscal peut être en grande partie absorbé par la surcote du neuf (15-20%), créant un risque de moins-value ou de faible plus-value à la revente.

Comment économiser 5% du prix d’achat grâce aux frais de notaire réduits ?

L’argument des 5% d’économie sur le prix d’achat grâce aux frais de notaire réduits est un classique de la vente en VEFA. S’il est mathématiquement correct sur le papier, le considérer de manière isolée est une grave erreur d’analyse. Comme nous l’avons vu, cet avantage doit être mis en balance avec les réalités du marché. Des analyses comparatives montrent que si les frais sont réduits, le prix d’achat du neuf est lui-même souvent 10 à 20% plus élevé que celui d’un bien ancien équivalent. L’économie de 5% sur les frais sert donc souvent, en réalité, à financer une partie de la surcote du bien. Le gain net est alors bien plus faible, voire négatif.

Certains investisseurs cherchent des astuces pour optimiser encore davantage ces frais. L’une d’entre elles consiste à dissocier du prix de vente les équipements mobiliers, comme une cuisine équipée, pour réduire l’assiette de calcul des frais de notaire. Cette pratique, bien que légale, est complexe et ses gains sont souvent marginaux.

L’astuce de la dissociation du mobilier en VEFA pour optimiser les frais

Sur un achat en VEFA de 300 000€ incluant une cuisine équipée valorisée à 8 000€, il est théoriquement possible de demander au promoteur de sortir la cuisine du contrat de vente principal pour la facturer via un acte séparé. La base de calcul des frais de notaire passerait alors à 292 000€. Les frais passeraient de 7 500€ à environ 7 300€, soit une économie modeste de 200€. Cependant, cette pratique est rarement acceptée par les promoteurs sur les programmes Pinel+, où les équipements de confort comme la cuisine font partie intégrante des prestations qualitatives justifiant l’éligibilité au dispositif.

Plutôt que de chercher des micro-optimisations complexes et incertaines, la véritable stratégie consiste à revenir aux fondamentaux. L’économie sur les frais de notaire est un avantage réel, mais il ne doit jamais justifier à lui seul l’achat d’un bien surévalué. Le seul calcul qui vaille est celui du rendement net-net, qui intègre le prix d’achat, les frais, l’avantage fiscal, les charges, le manque à gagner locatif et le potentiel de plus-value à la revente. C’est cette vision globale qui vous permettra de distinguer une véritable opportunité d’un piège marketing.

En définitive, que vous optiez pour le Pinel classique ou le Pinel Plus, votre succès en tant qu’investisseur en PACA reposera sur votre capacité à aller au-delà des promesses fiscales pour construire un plan de financement et de rentabilité rigoureux. Pour mettre en pratique ces conseils, l’étape suivante consiste à obtenir une analyse personnalisée de votre situation patrimoniale et fiscale.

Rédigé par Élodie Morel, Diplômée d'un Master en Gestion de Patrimoine de l'IAE, Élodie accompagne depuis 12 ans les investisseurs dans la création de revenus passifs. Elle maîtrise parfaitement les dispositifs fiscaux (LMNP, Pinel, Malraux) et la réalité du marché locatif étudiant et saisonnier. Sa spécialité est de transformer l'impôt en patrimoine immobilier durable.